Bonjour,
Voici de nouveau le retour, non pas du Jedi, mais du moteur à eau !
sinoet a écrit:
L'idéal serai pour moi un moteur comme selui de damien qui est capable de bruler de l'hydrogene car sela permetrai d'utiliser le procéder d 'électrolyse inversée de stanley meyers , procéder révolutionnaire permettant de transformer h2o en 2*(2h2)+o² , cela permettrai de volai exclusivement a l'eau sans les risque inhérent au transport de l'hydrogène et d'augmenter l'autonomie en vole avec une même masse de carburants,un coup nul a la pompe et en extra que des rejet de vapeur d'eau après la combustion.
http://moteuraeau.free.fr/index1.htmhttp://www.moteuraeau.fr.st/http://essenceciel.tk.free.fr/phpBB2/index.php.
Bon c'est vrai, ce serait une merveilleuse chose de remplir son réservoir d'eau, voire de collecter l'humidité des nuages pour faire tourner un moteur d'avion...
Mais la réalité des moteurs à eau est toute autre !
D'abord qu'appelle-t-on moteur à eau ?
Si on part de la définition la plus large, un moteur est une machine qui transforme l'énergie stockée sous une certaine forme en une autre forme d'énergie utilisable...
Un moteur à eau serait donc : Une machine qui transforme l'énergie stockée sous forme d'une masse d'eau en une autre forme d'énergie utilisable.
Et bien il ya longtemps que ça existe :
- 1/ Les moteurs qui utilisent l'énergie potentielle gravitationnelle contenue dans une masse d'eau : il s'agit de certains moulins à eau et de leurs descendantes directes, les centrales hydroélectrique à barrage...
- 2/ Les moteurs qui utilisent l'énergie cinétique d'un flux d'eau : il s'agit encore de moulins à eau et de leurs descendantes directes, les centrales hydroélectrique au fil de l'eau et marémotrices... auquelles on peut ajouter les hydrauliennes (utilisation des courants marins) et des machines qui utilisent l'énergie des vagues (Chercher Pelamis sur internet)
- 3/ Les moteurs qui utilisent la pression et le changement d'état de l'eau : La machine à vapeur sous toutes ses formes.
Mais dans tous ces cas, l'eau n'est pas la source d'énergie primaire, qui reste le soleil (fusion nucléaire naturelle de l'Hydrogène), un combustible brûlé dans une chaudière (donc au départ de l'énergie solaire... fossilisée ou pas), l'énergie thermique fossile de la terre et de sa radioactivité naturelle (géothermie), ou encore des réactions nucléaires de fission.
Si on mettait industriellement au point au point la fusion nucléaire de l'hydrogène léger H2, on pourrait tirer cet hydrogène de l'eau, et donc considérer l'eau comme le matériau naturel brut du combustible de ce "moteur". (Il est probable qu'on préfèrerait fusionner de l'hydrogène plus lourd du Deutérium ou même du Tritium qui serait fabriqué à partir du Lithium6 présent en quantité respectable dans la mer, et là on ne pourrait plus parler de moteur à eau...
Maintenant, si on définit le moteur à eau comme un appareil de taille et de masse raisonnable pour nos applications, qui "brûle" uniquement de l'eau (en rejetant de la vapeur d'eau ???) et qui produit de l'énergie mécanique...
Je pense qu'à moins d'une découverte qui bouleverse tous les fondements de la physique du début du 21eme siècle, ça restera un rêve !
L'idée qui consiste à vouloir craquer, ou électrolyser, ou produire de l'hydrogène par n'importe quel moyen, afin de le brûler dans un moteur, dont une partie de la puissance est utilisée pour produire l'hydrogène repose sur l'idée suivante :
Puissance mécanique totale produite par le moteur > Puissance mécanique soutirée pour produire l'hydrogène
Puisque la différence, c'est la puissance nette utile.
On peut présenter celà a autrement :
Puissance mécanique totale produite par le moteur / Puissance mécanique soutirée pour produire l'hydrogène > 1
ou encore par unité de temps
(Energie mécanique totale produite par le moteur / Energie de l'hydrogène consommé) x (Energie de l'hydrogène produit /Puissance mécanique soutirée pour produire l'hydrogène) > 1
ou en simplifiant et en supposant qu'on ne consomme que l'hydrogène qu'on produit, ce qui me semble implicite dans la question
(rendement du moteur à hydrogène) x (rendement de la production d'hydrogène) > 1
Le rendement du moteur thermique à hydrogène est au mieux celui des meilleurs diesel (<50%) ou des meilleures piles à combustibles couplées à un moteur électrique (60% ?) en tout cas inférieur à 100%
Le rendement de la production d'hydrogène varie selon le procédé, mais là encore on est encore très en dessous des 100%
Alors le produit des deux...
Si quelqu'un fait une démo d'un système de ce genre, il faut nécessairement que le bilan du stock d'hydrogène tampon baisse... autrement dit, on n'a réussi qu'à faire un moteur à hydrogène plus lourd, plus compliqué et moins efficace que le moteur à hydrogène seul.
Oui, mais il y a déjà eu des expériences où des moteurs tournaient à l'eau, diront certains...
Exact !...
Mais aucun de ces essais n'a été effectué (et pour cause !) avec de l'eau pure !
Des mélanges binaires (eau + méthanol ou éthanol) ou ternaires (mélange précédent + huiles végétales ou produits pétroliers divers) ont été utilisés dans les "moteurs à eau"
Toute l'astuce consiste à augmenter progressivement la proportion d'eau du mélange une fois que celui-ci est assez chaud...
Et de montrer un beau graphique des résultats obtenus et d'en extrapoler la date où on tournera à l'eau pure...
Je me souviens d'un moteur à essence de Jeep, bardé de toutes sortes de dispositifs de polarisation des gaz frais (air + eau + alcool) qui tournait encore avec la proportion d'eau énorme de 85%, (certes le moteur avalait plus de dix litres de mélange en un quart d'heure - c'est à dire plus de 6 litres d'alcool pur à l'heure - pour n'entraîner que lui-même, mais c'est déjà un bel exploit en terme de combustion !)
Par contre, ce moteur n'a jamais été capable de tourner à l'eau pure. Pour moi, c'est peut-être un "moteur à vin" (dont le principe pourrait être fort utile dans une exploitation agriciole où on pourrait produire localement un jus fermenté, sommairement distillé à l'aide d'un alambic à chauffage solaire) , mais comme tous les autres ce n'est pas un "moteur à eau" !
L'eau est injectée dans les moteurs thermique (pure ou mélangée à un autre combustible) en plus de son combustible normal, bien sûr, pour
- augmenter temporairement la puissance (l'injection d'eau-méthanol dans le moteur du P47 lui permettait de passer de 2300 à 2700 HP) sans augmenter la température culasse et piston au delà du supportable
- augmenter la puissance d'une turbine à gaz sans dépasser la TET
- diminuer la température de combustion (moteur diesel ou turbine à combustion pour réduire la production de NOx)
...mais là encore, ça n'en fait pas des "moteurs à eau"
Et si on évoque des possibilités beaucoup plus lointaines, il y a une spéculation sur les univers parallèles.
L'idée, c'est que notre univers n'est que l'un d'une infinité d'univers dont les constantes physiques varient de l'un à l'autre.
Si on pouvait établir une passerelle entre un de ces autres univers et le nôtre, certains moments (masse-energie, quantité de mouvement, etc. ) se déverseraient du notre vers l'autre, ou dans l'autre sens suivant les valeurs de ses constantes.
Dans "Les dieux eux-mêmes", Isaac Asimov présente très bien cette idée, ainsi que le besoin d'établir deux passerelles (l'une vers un univers disons "plus chaud", et l'autre vers "un plus froid", pour que le notre reste "tempéré")...
Potentiellement, ça se traduirait par des machines qui, en brisant un des fondement de la thermodynamique (Un système fermé) se comporteraient pour nous comme des puits d'énergie sans fond, nous aurions un semblant de mouvement perpétuel, mais en considérant le méta-univers des univers mis en relation comme un système fermé, on respecterait bien les lois de la thermo... On n'y échappe pas !
Mais avant qu'on puisse faire ce genre de choses (et en supposant que ce soit souhaitable !) on aura la fusion contrôlée depuis longtemps... plus intéressant serait de savoir si nous aurons la fusion, avant la fin du pétrole, du charbon ou de l'uranium...
Dans le doute, la voie des énergies renouvelables est inévitable... et le "moteur à vin" pourrait bien y avoir sa place, au même titre que le diesel à l'huile végétale brute...
Bons vols
Philippe Dejean